Bienheureuse cécité

Bienheureuse cécité Pendant cinquante ans, comme il est écrit dans « le catéchisme de l’église catholique » éditions de 1992, j’ai été un de corps et d’âme. Le corps était premier et dès ma naissance ce corps m’a entraîné tout naturellement vers le matérialisme l’égocentrisme et l’égoïsme. J’ai alors connu et pratiqué l’amour possessif égocentré.

A l’âge de cinquante ans, c’était sans doute la période propice à un tel changement, advint la naissance de mon premier petit fils. L’arrivée de cette vie nouvelle, fruit de l’amour de ses parents m’a conduit à une profonde réflexion philosophique. Progressivement j’ai ressenti en moi une présence « divine » qui existait depuis ma naissance, mais que j’avais totalement ignorée jusque là. Je devenais un de corps d’âme et d’esprit, cet esprit étant une parcelle de l’Esprit  de Dieu qui est Amour authentique avec ses deux facettes indissociables, le don gratuit de soi et l’accueil inconditionnel de l’autre. Peu à peu cet esprit a grandi et j’ai pu écrire « bienheureuse vieillesse ».

A l’âge de  soixante quinze ans, assez brutalement survint la cécité. Assez rapidement, ce qui fut au début une épreuve devint une compagne, une véritable amie qui me fit sortir du monde visuel que j’avais connu pendant,  75 ans, ce monde dans lequel vous êtes plongés vous qui me lisez, et qui pour moi est maintenant le monde des apparences et des illusions. Cette cécité m’a conduit au seuil d’un monde tout à fait nouveau,  le monde de la Réalité Absolue, le monde de la Vérité Eternelle. L’esprit s’est considérablement accru et comme l’écrit Saint Paul dans l’épître aux Thesaloniciens, je suis devenu un d’esprit d’âme et de corps. L’esprit occupe maintenant la première place, loin devant le corps qui est simplement une demeure, certes à respecter mais très transitoire réceptacle d’un esprit immortel et éternel. Bien qu’handicapé et dépendant des autres, j’ai ainsi nettement élargi le cercle de mes relations en les approfondissant et en rayonnant encore plus cet amour qui est en moi et qui vient de Toi Seigneur. C’est ainsi que je peux dire aujourd’hui cette phrase étonnante et qui surprend : « Bienheureuse cécité qui me permet de m’approcher plus près de Toi Seigneur ».

Alors Père, Toi qui est Lumière d’Amour, Toi qui est Vie Eternelle, Toi le Père de l’Univers, aide moi à rester près de la Terre après ma mort. Comme ma petite sœur Thérèse de Lisieux, je veux passer mon éternité à faire le Bien sur cette terre, en aidant mes frères d’aujourd’hui et de demain à s’éveiller le plus tôt possible. Je veux les aider à passer de l’être humain qui prend avec ses griffes en fermant les poings à l’homme accompli qui se donne et accueille en ouvrant les bras. Je veux aider chacun de mes frères à découvrir en lui et à faire germer cette graine d’amour que Dieu le Père a déposé dans son coeur dès sa conception, afin qu’elle puisse grandir et donner du fruit. Je veux aider mes frères à s’épanouir dans la joie sur Terre en donnant au lieu de prendre et en vivant dans une sobriété heureuse qui dépasse notre avidité originelle. Aide moi Père à accomplir cette mission que tu m’as confiée et que j’ai bien mal remplie jusqu’à présent, participer à l’extension de Ton Royaume sur Terre, ce Royaume où l’Amour est Roi, où l’Amour est Loi, sur cette Terre que j’habite encore pour l’instant, immense à mes yeux de terrien, mais qui pour Toi, n’est qu’une minuscule planète au sein de Ton Univers, la Création.

Dieu qui est commencement et fin s’incarne en chaque être humain afin que chaque être humain puisse devenir pleinement Homme sur cette terre en toute liberté, avant de mourir et d’entrer en communion avec le Père.

Merci Père de respecter totalement ma liberté et de m’aider à participer à l’élaboration de Ton Royaume sur Terre. La vie est magnifique merci Père.

Bookmark and Share

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.